L'Affaire des décorations - Presse RetroNews-BnF

L'Affaire des décorations

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L'Affaire des décorations

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La IIIe République (1870-1940)
En octobre 1887, l'opinion publique découvre l'existence d'un vaste trafic de décorations impliquant de nombreuses personnalités, parmi lesquelles le député Wilson, propre gendre du président de la République, Jules Grévy. L'affaire déclenche une vaste campagne de presse qui aboutira à la démission du président.
A propos du contributeur
Olivier Martin
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Daniel Wilson
1840-1919
Richissime héritier, député républicain influent, Daniel Wilson était propriétaire de plusieurs journaux et imprimeries. Il est resté célèbre pour son implication dans l'affaire des décorations qui entraînèrent la chute de son beau-père, alors président de la République, Jules Grévy, et qui lui vaudra le surnom de "Monsieur gendre".
Jules Grévy
1807-1891
Avocat de profession, parlementaire engagé aux côtés des républicains, il est arrêté lors du coup d'État de 1851. À la tête de l'Assemblée nationale de 1871 à 1873, il préside ensuite la Chambre des députés. Quatrième président de la République française du 30 janvier 1879 au 2 décembre 1887, il démissionne à la suite du scandale des décorations.
Jules Grévy ; Atelier Nadar - Source Bnf
Un trafic juteux

L'affaire débute le 7 octobre 1887 lorsque la presse dévoile un trafic de décorations mis en place par Daniel Wilson, député d'Indre-et-Loire et gendre du président de la République Jules Grévy.

L'enquête, abondamment suivie et relayée par le presse, révèle que Wilson a revendu depuis un bureau de l'Élysée des milliers de décorations — notamment la Légion d'honneur pour 25 à 100 000 francs de l'époque — pour verser des subventions à des journaux de province dans lesquels il a des participations.

Parmi les complices de Wilson figurent le général Caffarel, sous-chef d’état-major de l’armée, et une certaine dame Limouzin, tenancière de maisons closes où se négocient les décorations.

L'affaire déchaîne la presse et l'opinion publique.

La démission de Jules Grévy

À la suite des conclusions accablantes d’une commission d’enquête parlementaire, Jules Grévy est directement mis en cause.

Les journaux ouvrent leurs colonnes à des personnalités qui s'expriment sur l'affaire, comme Le Matin qui donne la parole à Jules Simon, philosophe et ancien ministre de l'Intérieur.

Sous la pression conjointe de la presse, de la rue, mais aussi de Georges Clémenceau et de Jules Ferry qui utilisent l'affaire pour obtenir la chute de leur ennemi politique, le président est contraint de remettre sa démission le 2 décembre 1887.

Le lendemain, la nouvelle fait les gros titres de la presse française.

La Croix, comme la grande majorité de ses confrères, se félicite de la nouvelle :

"A l’anniversaire du 2 décembre, M. Grévy a décidément cessé ses fonctions, il n’a pas la gloire d’être chassé à coups de fusils, ni d’être envoyé en exil ; on l’a poussé à coups de balais dans l’hôtel de son gendre. Cette leçon fera-t-elle comprendre au Congrès dès demain combien les chefs des nations qui se mettent au dessus de Dieu sont petits ?"

Dès le lendemain, les Chambres se réunissent à Versailles pour lui donner un successeur. Mais la candidature de Jules Ferry, appuyée par les opportunistes, se heurte à l’opposition violente des radicaux, qui détestent l’homme de l’expansion coloniale, et des conservateurs, hostiles à l’instauration de la laïcité dans l’enseignement. Devant le risque d’émeutes, Clémenceau sauve la situation et obtient l’élection de Sadi Carnot.

Revue de presse
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