L'assassinat de Jean Jaurès en 1914

Dossier Communautaire
#Attentat 

L'assassinat de Jean Jaurès en 1914

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La IIIe République (1870-1940)
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31/07/1914

#Jean Jaurès

#assassinat

L'assassinat de Jean Jaurès par un étudiant nationaliste, trois jours avant l'entrée de la France dans le Premier conflit mondial, marque la fin des espérances pacifistes d'une partie de la gauche.
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Anne Dubois
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Jean Jaurès
3 septembre 1859 - 31 juillet 1914
Jean Jaurès, né à Castres (Tarn) le 3 septembre 18591 et mort assassiné par Raoul Villain à Paris le 31 juillet 1914.
Jean Jaurès ; Agence Meurisse (Paris) ; Source BnF
Le meurtre au café du Croissant

Le vendredi 31 juillet 1914, à 21h40, Jean Jaurès est en train de dîner avec quelques collaborateurs au café du Croissant rue Montmartre, dans le 2ème arrondissement de Paris, à côté du siège du journal qu'il a créé, L'Humanité. Il est assis dos à la fenêtre.

Dehors, Raoul Villain, un Rémois de 29 ans, étudiant à l’École du Louvre et adhérent de la Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine (proche de l'Action française), s'approche de la vitre. Il lève son revolver et tire deux coups au travers : une balle va se perdre dans la boiserie, l'autre atteint Jaurès à la tête. Il meurt quasiment sur le coup.

Le lendemain, en une, L'Humanité, dans un article de Louis Dubreuilh, qui était présent au moment du meurtre, lui rend un hommage émouvant. Le Petit journal, Le Matin, Le Gaulois, ou encore L’Écho de Paris relatent l'événement en première page. Mais la mort de Jaurès, si elle apparaît en une de la plupart des journaux, semble moins dramatique, dans les esprits, que l'imminence de la guerre avec l'Allemagne. 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Si le célèbre homme politique a été assassiné par un nationaliste, c'est parce qu'il cristallisait la haine de toute une partie de la population révulsée par son pacifisme. D'ailleurs, le jour même de sa mort, il avait commencé la rédaction d'une tribune contre la guerre, qu'il concevait comme un nouveau « J'accuse ».

Sa mort met un terme à ses efforts désespérés pour empêcher l'irruption du conflit en Europe, devenu de plus en plus probable depuis l'attentat de Sarajevo le 28 juin 1914.

Jaurès, personnalité phare du mouvement socialiste français, entré en politique en 1885, était en effet convaincu que la classe ouvrière devait s'opposer à une guerre qu'il résumait à un choc entre des intérêts capitalistes. Depuis plusieurs mois, il avait multiplié les initiatives, dans son journal et auprès de la classe politique, pour désamorcer le conflit.

Dans son dernier article paru dans L'Humanité du 31 juillet, il écrivait :

« Le plus grand danger à l’heure actuelle n’est pas, si je puis dire, dans les événements eux-mêmes. […] Il est dans l’énervement qui gagne, dans l’inquiétude qui se propage, dans les impulsions subites qui naissent de la peur, de l’incertitude aiguë, de l’anxiété prolongée. […] Ce qui importe avant tout, c’est la continuité de l’action, c’est le perpétuel éveil de la pensée et de la conscience ouvrière. Là est la vraie sauvegarde. Là est la garantie de l’avenir. »

Après sa mort

Après le décès de Jaurès, la majorité de la gauche française va se rallier à l'Union sacrée. La France entre en guerre trois jours après son assassinat. Raoul Villain, incarcéré en attente de son procès pendant toute la durée du conflit, sera acquitté le 19 mars 1919, dan un climat d'ardent patriotisme.

Les cendres de Jaurès seront transférées au Panthéon le 23 novembre 1924, à l'initiative d' Édouard Herriot.

 

Revue de presse
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