La loi Guizot (28 juin 1833) - Presse RetroNews-BnF

La loi Guizot (28 juin 1833)

Portrait de François Guizot
Dossier
#ÉDUCATIONLois scolaires 

La loi Guizot (28 juin 1833)

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Monarchie de juillet (1830-1848)
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28 juin 1833

#Enseignants #Instituteurs #Rémunération #écoles privées #écoles publiques
#ÉDUCATIONLois scolaires 
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Monarchie de juillet (1830-1848)
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28 juin 1833

#Enseignants #Instituteurs #Rémunération #écoles privées #écoles publiques
Du nom de son auteur, la loi Guizot du 28 juin 1833 légalise les écoles privées et précise la notion d’école publique de garçons : « Celle qu’entretiennent en tout ou partie, les Communes, les Départements ou l’Etat ». Cette définition constitue l’acte de naissance de l’école primaire publique. Tout en lui donnant une nouvelle impulsion, cette loi centralise et contrôle l’instruction primaire.
Auteur: 
Philippe Moulis
Date de l'évènement
28 juin 1833
François GUIZOT
1787-1874
Ce protestant d’origine nîmoise est une des grandes figures du conservatisme libéral. Il est attaché aux principes de 1789, mais est hostile à l’idée républicaine. Sous l’Empire, il fréquente les milieux royalistes modérés. En 1812, il est nommé professeur d’histoire à la Sorbonne. Il commence sa carrière politique en 1814, au service de Louis XVIII. Après les Cent-Jours, il poursuit une carrière de haut fonctionnaire. Pour lui, la France a besoin d’une monarchie constitutionnelle conservatrice. L’instruction primaire sous contrôle de l’Etat en est un des piliers. Entre 1832 et 1837, il a souvent en charge l’Instruction publique.
François GUIZOT, [estampe] / [L. Calamatta, graveur] ; [d'après P. Delaroche], [s.n.], 1839 (source Gallica).
Une réforme scolaire majeure

En 1826, le baron Charles Dupin a réalisé une carte de la scolarisation en France qui montre que les départements du Nord et de l’Est du territoire sont mieux scolarisés que ceux du Centre, de l’Ouest et du Sud (icono 1)

Cette carte a suscité de nombreuses réactions. Quelques années plus tard, le ministre de l’instruction publique, François Guizot, élabore une loi organisant l’enseignement primaire (Journal des Débats, 3 juillet 1833)

Elle permet la liberté de l’instruction primaire qu’elle soit privée ou publique. Le Journal des Débats fait part à ses lecteurs des principaux points débattus lors de la séance à la Chambre des Pairs : « C’est une de ces lois modestes qui ne font pas grand bruit parce qu’elles offrent peu de prise aux passions et qu’elles n’ont que l’obscur mérite d’être vraiment utiles au peuple » (Journal des Débats, 27 mai 1833). 

Une loi fondatrice de l’école primaire

Le contenu de l’enseignement élémentaire est définit par la loi : « l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures » (Le Constitutionnel, n°184, 3 juillet 1833).

La géométrie, le dessin linéaire, les sciences naturelles, la physique, le chant, l’histoire et la géographie sont tous réservés à l’école primaire supérieure.

L’école n’est pas gratuite. Chaque département a l’obligation d’entretenir d’une école normale d’instituteurs pour la formation des maîtres et chaque commune se doit d’être pourvue d’une école primaire et d’un instituteur. La commune doit fournir un logement et un « local » pour faire la classe à l’instituteur qu’elle rémunère (au moins deux cents francs). En plus de son salaire le Conseil municipal fixe une rétribution mensuelle à l’enseignant. Les élèves désignés par le Conseil municipal dont les familles ne peuvent participer à cette rétribution sont admis gratuitement à l’école. La commune est autorisée à subventionner une école confessionnelle pour répondre à ces exigences.

Pour les communes de plus de 6000 habitants, la loi met en place un enseignement primaire supérieur et crée, à côté du brevet élémentaire, un brevet supérieur.

Un système de comités locaux et d’arrondissements est chargé de contrôler l’enseignement (Le Constitutionnel, n°184, 4 juillet 1833).

Price: 
15,59 €
Revue de presse
Analyse

Comment financer l’école ? La loi Guizot finance cette réforme en préconisant l’augmentation de l’imposition dans chaque commune et dans le département. L’état n’intervient que pour les communes ne bénéficiant pas de l’aide de leur département.

Désormais les maîtres bénéficient d’une formation dans les Ecoles Normales. Les instituteurs ont un salaire fixe, un logement et une classe mais l’école primaire est à la charge de la commune et l’école est réservée aux garçons.

La loi Guizot augmente la surveillance de l’Etat sur l’enseignement mais n’intervient pas sur le réseau existant des écoles congréganistes. Plus important elle ne propose pas de nouvelles ressources financières pour son application.

Bibliographie

  • Pierre ALBERTINI , L’école en France, XIXe-XXe siècle, de la maternelle à l’université
    Paris, Hachette, 1992.
  • Françoise MAYEUR , Histoire générale de l’enseignement et de l’éducation en France, 1789-1930
    Paris, Perrin, tome 3, 2004.
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