Première du film "Les dieux du stade" de Leni Riefensthal en France en 1938 - Presse RetroNews-BnF

Première du film "Les dieux du stade" de Leni Riefensthal en France en 1938

Dossier
#ARTSCinéma #SPORTS ET LOISIRSJeux olympiques 

Première du film "Les dieux du stade" de Leni Riefensthal en France en 1938

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La IIIe République (1870-1940)
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avril 1938

#propagande #Hitler
#ARTSCinéma #SPORTS ET LOISIRSJeux olympiques 
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La IIIe République (1870-1940)
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avril 1938

#propagande #Hitler
JO de Berlin, 1936 - La réalisatrice Leni Riefensthal reçoit l’autorisation de tourner un film sur l'événement : il est projeté en 1938. Ce film de propagande peut être vu comme un documentaire sportif mais aussi comme un chef d’œuvre artistique.
Auteur: 
Vincent Cuvilliers
Date de l'évènement
avril 1938
Leni Riefensthal
1902-2003
Danseuse, artiste, actrice, réalisatrice et photographe allemande, Leni Riefenstal réalise la plupart des films de propagande nazis. Après La Victoire de la foi (1933) sur le congrès de Nuremberg, elle réalise le Triomphe de la volonté (1934) puis les Dieux du Stade (1936). Après la guerre, elle est internée dans un camp de transit par les Américains avant d’être classée parmi les « suivistes ». En 1954, son dernier film de fiction Tiefland (réalisé durant la Seconde Guerre mondiale) est diffusé. Leni Riefensthal a réussi à imposer sa conception de l’art.
Paris-Soir ; [s.n.] (Paris) ; 13 septembre 1934 - Source BnF.
L’œuvre majeure de Leni Riefensthal

« Princesse de la lumière bleue » pour le journaliste José Germain (Le Journal, 2 juillet 1938), Leni Riefensthal, qui « vécut dans l’intimité de M. Hitler » (icono 1) (La Croix, 17 juillet 1938), charme tous les interlocuteurs qu’elle rencontre. Georges Bateau, qui la croise lors d’un séjour à Paris, la décrit comme une « jeune femme, belle, élégante, au regard vif » (Paris Soir, 3 juillet 1938). Passionnée par le sport, prônant un culte du corps proche des idées du parti nazi, Leni Riefensthal, dédie son œuvre à « la jeunesse du monde entier et à la mémoire de Pierre de Coubertin » (La Croix, 17 juillet 1938).

Pour réaliser son film, Leni Riefensthal, assistée d’une équipe forte de près de 300 membres, multiplie les innovations. Le Petit Parisien mentionne les 400 000 mètres de pellicule enregistrée, les deux ans de montage, la caméra sous-marine, la caméra portée par un ballon, la caméra sur rails, etc. (Le Petit Parisien, 1e juillet 1938) Afin de pouvoir filmer sous des angles de prise de vue particulier, certaines scènes sont filmées après les Jeux. Dans l’entretien qu’elle accorde au journaliste de Paris Soir, Leni Riefensthal précise qu’elle consacre un temps important à ces « travaux de laboratoire » et qu’elle va se rendre aux  États-Unis afin d’y étudier de nouveaux procédés de techniques (Paris Soir, 3 juillet 1938).

Présenté le 20 avril 1938, le film reçoit les louanges de Goebbels et plusieurs récompenses cinématographiques. Il sort rapidement en trois versions, mais suite aux retouches effectuées par sa réalisatrice, plusieurs autres versions vont circuler (Paris Soir, 3 juillet 1938). Le 24 juin 1938, le film est projeté pour la première fois à Bruxelles où Leni Riefensthal déclare avoir pleuré de joie (Paris Soir, 26 juin 1938).

Un accueil enthousiaste et unanime

Le film est projeté pour la première fois en France le 30 juin 1938. Organisée par le Comité olympique français, la projection est réservée à la jeunesse sportive française, représentée par « plus de mille jeunes athlètes » (Le Petit Parisien, 1e juillet 1938).

Les journalistes ayant assisté à cette projection laissent paraître leur enthousiasme dans leurs articles. Sous le pseudonyme Fauteuil 22, le critique de cinéma du journal La Croix présente cette œuvre comme un « beau film que la jeunesse verra avec plus de profit que les sempiternelles et émollientes histoires sentimentales » et y voit un manifeste pour la « défense du sport et du corps » dénonçant les dérives du professionnalisme (La Croix, 17 juillet 1938). Georges Champeaux écrit dans Le Petit Journal, organe du Parti social français, que ce film est « une des réalisations capitales de l’art cinématographique » au même titre que Blanche-Neige et les sept nains de Walt Disney (Le Petit Journal, 2 août 1938). Le Journal assure qu’il est impossible de « résister au dynamisme formidable qui jaillit du film […], l’incontestable chef-d’œuvre du cinéma contemporain […] hymne éternel à la Force et à la Beauté humaine » (Le Journal, 5 août 1938). José Germain voit ce film comme le moyen d’ « éduquer l’univers à la grecque » (Le Journal, 2 juillet 1938).

Price: 
15,59 €
Revue de presse

Bibliographie

  • Steven Bach, Leni Riefensthal : Une ambition allemande,
    Edition Jacqueline Chambon, 2008.
  • Chris Oxlade, Histoire des Jeux olympiques,
    Gallimard Jeunesse, 2012.
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