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Écho de presse

La canicule de 1911

Cette vague de chaleur, une des plus importantes en France au XXème siècle, suscita les commentaires parfois amusés de la presse. Mais elle eut aussi des conséquences dramatiques.
Pierre Ancery

Ecrit par

Pierre Ancery

Publié le

25 août 2016

et modifié le 22 novembre 2024

Cette vague de chaleur, une des plus importantes en France au XXème siècle, suscita les commentaires parfois amusés de la presse. Mais elle eut aussi des conséquences dramatiques.

Le 10 août 1911, Le Journal titre en une : « Trente-sept, sept... à l'ombre ! Et on nous promet plus ! ». En effet, cet été-là, une terrible canicule s'abat sur la France. Elle dure presque sans interruption du 5 juillet au 13 septembre, soit pendant plus de deux mois : un record. En août, à Paris, les températures sont supérieures à 30°C pendant 14 jours. Dans son article, Le Journal décrit les effets de la canicule dans la capitale :

 

"Aux terrasses des cafés, les garçons n'avaient pas assez de bras — ni de glace — pour servir leurs clients ; les chemisiers voyaient arriver, par dizaines, des malheureux qui venaient acheter un faux col pour changer le leur, dont la forme n'était plus présentable. Le long des rues, gilets déboutonnés, les Parisiens allaient, très las et très rouges ; et traînant leur fiacre, les chevaux, harassés, ruisselaient."

 

Mais la situation n'ôte pas leur sens de l'humour et leur inventivité à certains journalistes. Trois jours plus tard, dans le même quotidien, l'un d'eux raconte être allé demander des explications à M. Jaubert, directeur de l'Observatoire de la tour Saint-Jacques. L'anecdote, inventée, est utilisée pour se moquer des analyses des « spécialistes » de la météo...

 

"— Quelle température sénégalienne ! disons-nous en abordant le directeur de l'observatoire de la tour Saint-Jacques.

M. Jaubert sourit.

 — Cette température, nous dit-il, est normale. Nous sommes en été : en été, il fait chaud. S'il gelait à pierre fendre et que vous vinssiez m'annoncer qu'on prépare, pour le 1er août, une fête de patinage au Bois, je serais étonné. Mais c'est normal. En l'an 1020, le thermomètre — qui n'était pas inventé — marqua six degrés de plus.

— A quoi attribuez-vous cette chaleur excessive ?

— A une élévation de la température, élévation considérable (je n'hésite pas à l'affirmer). Il n'y a, je vous le répète, qu'à regarder le thermomètre. Il a marqué 36°. Quoi d'étonnant à ce que la chaleur augmente ?

— Cette chaleur va-t-elle cesser ?

— Il n'y a aucune raison pour cela.

— Va-t-elle augmenter ?

— Rien ne le fait prévoir ; rien n'autorise à l'affirmer.

—Va-t-elle rester stationnaire ?

— Ce n'est pas impossible. Cependant le contraire ne nous étonnerait pas. Si la vague de chaleur s'éloigne, la température faiblira.

— Mais s'éloignera-t-elle ?

— Il est facile de le constater. Si la température s'abaisse, c'est que la vague de chaleur nous aura quittés."

 

Et d'aller ensuite demander l'avis de M. Angot, directeur du bureau central météorologique, lequel affirme être d'un avis opposé : d'après lui, il ne faut pas attribuer « la chaleur à l'élévation de la température », mais « attribuer l'élévation de la température à la chaleur »...

 

La canicule de 1911 aura toutefois des conséquences dramatiques. Un article du Temps du 2 septembre révèle que la mortalité a considérablement augmenté pendant cet été-là. On compta en effet pas moins de 40 000 décès dus à la chaleur, dont 29 000 de nouveaux-nés, particulièrement touchés à une époque où la climatisation n'existait pas. La canicule toucha aussi durement les animaux, entraînant une épidémie de fièvre aphteuse chez les vaches, ce qui provoqua une pénurie de lait dans les régions productrices.

 

Pierre Ancery

Ecrit par

Pierre Ancery

Pierre Ancery est journaliste. Il a signé des articles dans GQ, Slate, Neon, et écrit aujourd'hui pour Télérama et Je Bouquine.

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