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Écho de presse

1939, dernier été avant la guerre

Malgré la menace qui gronde à l'été 1939, les Français veulent croire à la paix. Jusqu'à l'annonce, le 23 août, de la terrible nouvelle du pacte germano-soviétique, qui mettra irrémédiablement fin à la légèreté estivale.

pacte germano-soviétiqueAllemagnePologneFranceSeconde guerre mondiale
Marina Bellot

Ecrit par

Marina Bellot

Publié le

29 août 2019

et modifié le 12 avril 2021

Image de couverture

Caricature montrant Ribbentrop baisant la main de Staline devant Molotov, dans le journal polonais le Mucha, 1939 - source : WikiCommons

Malgré la menace qui gronde à l'été 1939, les Français veulent croire à la paix. Jusqu'à l'annonce, le 23 août, de la terrible nouvelle du pacte germano-soviétique, qui mettra irrémédiablement fin à la légèreté estivale.

Été 1939. Le temps est au beau fixe depuis deux mois sur la majeure partie de l’Europe. En France, l’ambiance est légère. L’approche des vacances inspire à la presse de doux éloges de la paresse. 

«​ Les voici qui s'approchent, les vacances, bourdonnantes comme des Walkyries, fines et chargées d'or comme les trois Hespérides »​, s’enflamme l'écrivain et poète Léon-Paul Fargue dans le magazine Marianne, le 19 juillet : 

«​ Nous allons les voir monter à l'assaut de notre paresse, et redescendre dans un nuage pourpre vers les théâtres de l'automne.

Courtes sont les semaines pendant lesquelles il nous sera donné de les laisser danser sur le clair repos de notre imagination. »​

Le long des routes, d’immenses foules sont venues encourager les valeureux cyclistes du Tour de France, remporté cette année-là par le coureur belge Sylvère Maës.

Tour de France 1939, journée du 29 juillet, Agence Meurisse - source : Gallica-BnF

Tour de France 1939, journée du 29 juillet, Agence Meurisse - source : Gallica-BnF

Comme tous les  étés depuis 1936, la classe ouvrière profite de la politique de congés payés mise en place en 1936 par le gouvernement de Front populaire de Léon Blum – sous l’œil quelquefois irrité de la bourgeoisie, comme s’en moque le journal communiste Regards.

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La mode de l’été 1939 ? Le pantalon long, en réaction à «​ l'abus du short »​​, rapporte Le Figaro le 21 juillet, mais surtout, une couleur, qui sonnera bientôt comme une douloureuse ironie : le blanc.

«​ Le blanc triomphera partout.

Et ces robes légères seront même accompagnées de fourrures d'été également blanches : mantelets d'hermine et vaporeuses capes de renard blanc. »​

La possibilité de la guerre est certes dans bien des esprits, tandis que les tensions autour de la Pologne, convoitée par Hitler, occupent régulièrement les pages de la rubrique Internationale des journaux. Les plus clairvoyants alertent sur le danger imminent que fait courir l'absence d'accord entre la France, l'Angleterre et l'URSS.

Le futur résistant Pierre Brossolette est de ceux-là, qui prévient, dès le 15 juillet :

«​ L’évidence nous crie en effet que pour faire reculer à la fois la guerre et le racisme, il ne peut y avoir d’autre recours que la réalisation de l’unité d’action entre Paris, Londres et Moscou. [...]

Hitler ne renoncera en effet que s’il a la certitude absolue que la guerre signifie pour lui la défaite. L’accord avec Moscou peut lui donner cette conviction.

Sans l’accord, au contraire, il ne l’aura jamais et il voudra sans doute tenter sa chance.

Aveugles ou criminels ceux qui ne le voient point ou ne veulent point le voir ! »​

La guerre paraît pourtant irréelle quand, dans la nuit du 21 au 22 août, les agences de presse diffusent une nouvelle fracassante : le ministre des Affaires étrangères du Reich hitlérien, Joachim von Ribbentrop, est attendu à Moscou pour y signer un pacte de non-agression avec l'URSS. 

Quand les Français se réveillent, le 23 août, l’information se précise : le chancelier allemand Hitler s’apprête à pactiser avec Staline, son irréductible ennemi. 

Le très populaire Paris-Soir se fait l’écho de la surprise des gouvernements et de la population face à ce qui s'apparente à un coup de tonnerre :

«​ Les gouvernements de Londres et de Paris sont en état d'alerte et les délibérations d'aujourd'hui, de demain et de jeudi, consacrées aux premiers échanges de vues entre les membres du cabinet français et du cabinet britannique, seront vraisemblablement suivies de décisions importantes. [...]

Les nombreux travailleurs qui se rendaient, ce matin, à leurs chantiers, à leurs usines ou à leurs bureaux, se frottaient les yeux en lisant la nouvelle sensationnelle du pacte de non-agression germano-russe. »​

Le Comité permanent de la défense nationale est alors réuni : l’armée se tient prête à intervenir en cas d’agression contre la Pologne.

Le 30 août, alors que la mobilisation générale est décrétée en Pologne, plus de 16 000 enfants parisiens sont évacués vers la province. 

Au lendemain de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, le 1er septembre 1939, la mobilisation française commence. 

Le 3 septembre, le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la France déclarent la guerre à l'Allemagne. C’est le début de la « drôle de guerre ».

Pierre Brossolette entrera dans la Résistance contre l'ennemi qu'il avait inlassablement dénoncé –  il finira par se suicider en mars 1944 pour ne pas parler sous la torture.

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Pour en savoir plus :

Yves Santamaria, 1939 le Pacte germano-soviétique, Complexe, 1999

Mots-clés

pacte germano-soviétiqueAllemagnePologneFranceSeconde guerre mondiale
Marina Bellot

Ecrit par

Marina Bellot

Marina Bellot est journaliste indépendante, diplômée de l'Ecole de journalisme de Sciences Po. Elle a co-fondé en 2009 Megalopolis, un magazine d'enquêtes et de reportages sur la métropole parisienne, qu'elle a dirigé pendant trois ans. Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages pédagogiques à destination des adolescents et a co-écrit une biographie de Jean-François Bizot, L'Inclassable, parue chez Fayard en 2017.

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