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L’Ami du peuple, 26 décembre 1934

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L’Ami du peuple
26 décembre 1934


Extrait du journal

Le jeune Renaudot, qui vint au monde à Loudun en 1586, dans une atmosphère de guerre civile et d'épidémie, n’était point pourvu d’une enveloppe charnelle agréable à regarder. Cette disgrâce, que d’autres qualités auraient dû pourtant compenser dès le printemps de sa vie. lui valut de grandir parmi les coups de verge généreusement distribués par son père, qui ne lui pardonnait pas sa laideur, et les rebuffades de ses camarades qui ne lui pardonnaient pas son esprit. Indifférent à tout ce qui n’était pas labeur, soutenu par son maître Daniel Boulanger. Théophraste termina à Montpellier de brillantes études médicales qui devaient lui valoir plus tard autant d’honneurs que de désagréments. Cependant, l’événement capital de sa jeunesse fut sa rencontre au prieuré de Coussay de François Le Clerc du Tremblay, le futur Père Joseph, et de Armand du Plessis de Richelieu, le futur cardinal. Mais mon dessein n’est pas de retracer ici sa vie. Les dix membres du groupe Renaudot lui ont consacré un livre pittoresque et savant (1), plein de malice et de tendresse auquel a collaboré activement mon ami Marcel Espiau. et il serait malséant d’y ajouter des commentaires indignes d’une besogne aussi brillamment accomplie. Indiquons simplement que c’est grâce à la toute-puissance protection de Richelieu que Renaudot put réaliser ses rêves magnifiques et laisser à la postérité des titres de gloire impérissables. Créateur du journalisme, correspondant de guerre, il fut un étonnant précurseur de la philanthropie. Il était aussi bon que laid. Son bureau d’adresses — bureau de placement, véritable centre d’informations installé dans la rue de la Calandre, à l’enseigne du Coq tore — son Mont-dePiété, ses consultations gratuites, témoignent de son esprit charitable et aussi, disons-le, d’un sens extraordinaire de La publicité. 11 possédait, au surplus, la plupart des qualités que l’on s’accorde à exiger aujourd'hui des journalistes dignes de ce nom......
L'Ami du peuple (1928-1937)

À propos

L’Ami du peuple est un quotidien français fondé par le parfumeur François Coty, en vue de contrebalancer l’influence de L’Humanité, qu’il jugeait « trop communiste ». Son très faible coût le destine aux classes moyennes, à la petite bourgeoisie, aux retraités et aux anciens combattants, un large groupe lui permettant d’atteindre un million de lecteurs en 1930, mais suscitant aussi l’hostilité d’autres journaux parisiens – qui vont poursuivre Coty, sans succès.
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