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Le Figaro, 19 août 1901

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Le Figaro
19 août 1901


Extrait du journal

4'oeil morne, la tête baissée, cherche l'ombre-, tandis que le cocher, engourdi, laisse flotter les " rênes. Parfois un break, mais conduit par un valet d'écurie en veston qui promène ses amis et sa famille, sous prétexte de faire prendre l'air aux chevaux. On arrose à peine, et seulement autour du lac, à la porte Dauphine, aux environs de la porte Maillot. Partout ailleurs, une épaisse poussière que le plus léger vent soulève pour l'unique plaisir de poudrer les taillis ; elle tourbillonne sous les roues des automobiles et donne alors l'illusion d'un brouillard. Les ormes, rongés par des chenilles, dressent dans l'air leurs branches dépouillées ; les feuilles des tilleuls jaunissent et tombent; les marronniers prennent déjà leur livrée d'automne. Mais les autres arbres résistent et les ronces en vahissantes donnent à certains coins du Bois un aspect-inattendu de forêt vierge. Vers onze heures, des familles, ployant sous le poids des paniers lourds, 'arrivent, s'ins tallent sur l'herbe, déballent les provisions, étendent les serviettes, débouchent les bou teilles et attaquent vigoureusement les rô tis énormes, les volailles dorées, les pâtés ventrus, tandis que le soleil envoie ses flèches qui traversent les arbres, percent, les fourrés, se brisent contre l'écume d'une cascade comme sur une armure d'argent, allument des1 éclairs rapides aux mors des chevaux, dorent la poussière. blonde qui' enveloppe les fiacres attardés et flotte autour des pié tons qui cheminent dans l'ombre claire. Le repas terminé, les parents font la sieste; et les enfants courent, se précipitent, se heurtent en une joyeuse mêlée. Bientôt, cette ardeur se calme, ce bruit s'é teint,. le Bois retombe dans son silence, dans la solitude, jusqu'à l'heure où scintillent les premières étoiles. Depuis que le Métropolitain a mis le Bois à la portée des bourses les plus modestes et des faubourgs les plus lointains, c'est, la journée finie, l'atelier ou lè bureau fermés, une invasion de dîneurs en plein air. Un peu partout, des chandelles s'allument et on mange aux lan ternes. Plus tard, les allées- se peuplent d'une foula ' qui chemine dans les ténèbres, se masse aux abords des café's\ dans la lumière crue des lampes électriques et prête une oreille d'autant plus charmée aux valses des tziganes qu'il n'en coûte rien pour savou rer ce délicat plaisir. Au rebours de Théophile Gautier, elle trpuve que la musique est le plus agréable et le moins cher des bruits. Paul Bosq....

À propos

En 1854, quatorze ans après la disparition du petit journal subversif du temps de Charles X, Hippolyte de Villemessant relance Le Figaro. Paraissant d’abord sous la forme d’une petite feuille de chou littéraire, Le Figaro absorbe L’Événement en 1866 pour devenir, sans transition, le grand quotidien conservateur que l’on connaît. Dès les années 1880, il abandonne la cause du monarchisme pour adhérer aux principes républicains.

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