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Écho de presse

L'avocat du diable

En 1921, le procès du premier tueur en série français, Landru, passionne les foules. L'accusé n'est pas le seul au centre des attentions : son avocat suscite une véritable fascination.
Marina Bellot

Ecrit par

Marina Bellot

Publié le

9 mai 2016

et modifié le 22 novembre 2024

En 1921, le procès du premier tueur en série français, Landru, passionne les foules. L'accusé n'est pas le seul au centre des attentions : son avocat suscite une véritable fascination.

En 1921, s'ouvre le procès-fleuve de Henri Landru, accusé de pas moins de onze meurtres (dix femmes et le fils de l'une d'elles). La personnalité de l'accusé, cynique et provocateur, et l'atrocité des crimes font de ce procès un spectacle où le tout Paris se presse et que les journaux couvrent avec frénésie.

 

Au cours des débats, outre l'accusé, un personnage est vite au centre de toutes les attentions : l'avocat qu'a choisi Landru pour sa défense, Me Moro-Giafferi. L'homme n'est pas un inconnu : avocat au barreau de Paris depuis 1898, député socialiste de Corse depuis 1919, il s'est fait connaître pour sa défense des déshérités et son talent oratoire hors du commun. "Les amoureux d'éloquence avaient espéré que Me de Moro-Giafferri plaiderait plusieurs jours de suite", écrit par exemple Le Journal lors d'un procès en 1919.

 

Sa plaidoirie finale lors du procès Landru est l'un des moments les plus attendus, comme le rapporte Le Petit Parisien du 30 novembre 1921 :

 

"Lorsque le président Gilbert eut prononcé la phrase attendue « La parole est à Me de Moro-Giafferi, pour la défense », il y eut, dans la salle, une sorte de remous, un bouillonnement de cuve. Même la figure flétrie de l'accusé s'anima. Puis tout se figea dans un silence absolu. L'avocat était debout, fort pâle, les mains posées à plat sur la barre. Il prit un long temps, puis son profil, d'un mouvement sec, parut s'accrocher à quelque chose, dans l'espace, et il commença. Il commença non point sur le mode grave que l'on attendait, mais avec une politesse féline, une lenteur où se concentrait tout le magnétisme de sa volonté. Après quoi le ressort cassa, et Me de Moro-Giafferi, débridé, se lança dans la lutte, tête haute, l'œil flamboyant, en proie à une véritable ivresse verbale (...). 

« Avocat romantique » a-t-on dit. Eh bien soit. C'est un beau compliment, surtout à une époque où l'on fait la part si belle à l'éloquence des chiffres. Ne nous plaignons point de sentir passer les souffles de 1830. Flamme généreuse, sombre ardeur, airs pathétiques, mouvements d'orage, on trouve tout cela dans la manière oratoire de Me de Moro-Giafferi."

A l'issue du procès qui déclare Landru coupable, les journaux saluent dans l'ensemble la performance de son avocat, tel Le Rappel du 1er décembre 1921 : 

"Mais la remarquable plaidoirie de Me de Moro-Giafferri restera parmi les plus belles de sa brillante carrière d'avocat. Jamais la chaude éloquence de l'éminent défenseur ne s'était affirmée avec autant de talent, jamais non plus plaidoirie ne fut si parfaite dans la forme comme dans le fond. En vérité, si Landru n'a pu éviter l'échafaud, c'est que sa défense était impossible."

Marina Bellot

Ecrit par

Marina Bellot

Marina Bellot est journaliste indépendante, diplômée de l'Ecole de journalisme de Sciences Po. Elle a co-fondé en 2009 Megalopolis, un magazine d'enquêtes et de reportages sur la métropole parisienne, qu'elle a dirigé pendant trois ans. Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages pédagogiques à destination des adolescents et a co-écrit une biographie de Jean-François Bizot, L'Inclassable, parue chez Fayard en 2017.

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