Interview

Comment écrire l’histoire des sensibilités ? Discussion avec Hervé Mazurel

le 13/09/2023 par Hervé Mazurel, Benoît Collas
le 08/07/2023 par Hervé Mazurel, Benoît Collas - modifié le 13/09/2023

Champ de recherche autrefois marginal devenu l’un des plus en vue à la fin du XXe siècle, l’histoire des « faits d’affect » se propose d’étudier la façon de ressentir des femmes et hommes du passé. Hervé Mazurel, cofondateur de la revue Sensibilités, revient sur l’histoire de cette façon de faire de l’histoire.

Hervé Mazurel est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’université de Bourgogne. Historien du corps, des sensibilités et des imaginaires, il travaille à l’articulation entre histoire, sciences sociales et psyché. Il a notamment publié Kaspar l’obscur ou l’enfant de la nuit et L’Inconscient ou l’oubli de l’histoire à La Découverte. Avec Alain Corbin, pionnier de ces approches, Hervé Mazurel a dirigé l’ouvrage Histoire des sensibilités paru aux Presses universitaires de France en septembre dernier.

Propos recueillis par Benoît Collas.

RetroNews : Comment définissez-vous l’histoire des sensibilités ? 

Hervé Mazurel : Contrairement aux États-Unis, au Canada ou à l’Allemagne, où l’on sépare volontiers histoire des sens et histoire des émotions, on nomme en France « histoire des sensibilités » un courant de recherche qui s’efforce d’embrasser tout le champ de l’affectivité – ce que Georges Didi-Huberman appelle « les faits d’affects ». Par « sensibilité », on entendra donc ici le tout de la vie affective et de ses manifestations. Car nous nous efforçons d’articuler ensemble les différents paliers de l’affectivité : perceptions sensorielles, émotions, sentiments et passions.

Et ce, en partant d’abord de ce qu’il y a de plus immédiat : la sensation qui, elle-même, est d’emblée absorbée dans la perception. Nos sens, rappelle David Le Breton, ne sont pas des fenêtres sur le monde, mais agissent comme de véritables filtres qui tamisent l’infinité des stimuli et le chaos des impressions qui nous viennent du dehors. Ils nous plongent d’emblée dans un monde de significations. Pour cette raison, nous n’habitons pas, ou pour partie seulement, le même univers sensoriel que nos ancêtres. Par exemple, Michel Pastoureau montre non seulement que pendant des siècles, le blanc était considéré comme une couleur à part entière et n’équivalait pas à l’incolore, mais aussi qu’avant d’être systématiquement opposé au noir avec l’avènement de l’imprimerie, le blanc était systématiquement opposé au rouge.

Prenons un autre exemple. Les hommes du XVIe siècle, nous disent Lucien Febvre et Robert Mandrou, « aspiraient la nature par tous les sens » : ils avaient un rapport d’étreinte au monde, que l’on peut qualifier de polysensoriel. C’est seulement depuis cette époque que la vue s’est progressivement imposée comme l’axe privilégié de notre relation au monde. Le XIXe siècle a notamment marqué en Europe la montée des sens dits « nobles » – la vue et l’ouïe – et la stigmatisation des sens de proximité – le toucher et l’odorat, principalement.

De là ressort l’importance d’être attentifs à l’évolution historique de la hiérarchie sensorielle, des rapports entre les sens et de leurs usages sociaux. Notre tâche est de retrouver des modes de présence au monde qui ne sont plus les nôtres.

De quelle manière peut-on étudier ces « cultures sensorielles » ?

Il importe de repérer comment s’articulent ces cultures sensorielles aux régimes émotionnels d’une époque – lesquels varient bien sûr selon les milieux sociaux et selon la manière dont l’individu lui-même s’approprie la culture affective de son groupe. Loin de n’être que des réponses spontanées fixées par l’organisme – comme le pense, au sein des neurosciences, toute une tradition biologisante et réductionniste –, mais loin aussi de n’être que l’émanation du plus intime et secret de l’individu – comme le suggèrent certaines disciplines de la psyché –, les émotions sont aussi socialement et culturellement façonnées. Elles sont rituellement organisées et toujours adressées aux autres – en étant feintes, parfois.

Pour comprendre leurs significations, on ne peut désindexer les émotions des contextes socio-culturels où elles s’expriment. Au Japon, par exemple, le sourire n’est pas nécessairement la manifestation d’une joie : fait étonnant pour nous, une personne qui fait part à autrui d’un événement pénible et douloureux (un deuil familial, une séparation, etc.) doit le faire en souriant. C’est une convention sociale qui oblige à ne pas engager l’autre dans une douleur qui nous est propre. Toute émotion relève ainsi d’une symbolique sociale. Et puis, qui dit variations socioculturelles dit aussi variations historiques : certaines émotions s’effacent quand d’autres émergent historiquement. Pensons, par exemple, à l’étrange régime romain des pleurs décrit par Sarah Rey, plein de démonstrations bruyantes et de gestes pathétiques, y compris chez les puissants (consuls, sénateurs et même empereurs) dont les discours politiques s’accompagnent souvent de larmes abondantes et ostensibles. Imagine-t-on pareilles conduites à l’époque victorienne, ou aujourd’hui chez nos décideurs politiques ?

Quelle est l’histoire de ce champ d’études ?

Trop longtemps sans doute, nous en sommes restés à un récit très franco-centré. Pour point de départ, on cite toujours l'article de Lucien Febvre de 1941 : « La sensibilité et l’histoire. Comment reconstituer la vie affective d’autrefois ? ». J’y reviens moi aussi toujours avec plaisir – comme au chapitre tout aussi important de Marc Bloch, « Façons de penser, façons de sentir » de La Société féodale (1939). Le constat de Febvre était le bon : l’histoire des émotions et des sentiments, c’est un magnifique sujet, mais une histoire fort difficile à écrire. Ne serait-ce que parce que les traces sont souvent fugaces et difficiles à interpréter ; mais l’historien ne peut pas déserter, disait-il. Car aucune histoire n’était possible à ses yeux sans cette capacité à retrouver le style émotionnel, la culture affective, l’atmosphère mentale d’une époque.

Reste que peu de gens, en dehors de son élève Robert Mandrou, suivirent l’appel de l’éminent historien. L’heure était davantage à la géo-histoire de Fernand Braudel, un autre de ses élèves, et au modèle labroussien d’histoire économique et sociale. C’est avec la relance de l’histoire des mentalités dans les années 1960 et 1970 que certains historiens célèbres – Philippe Ariès, Georges Duby, Jacques Le Goff, Jean Delumeau, Alphonse Dupront, Jean-Louis Flandrin notamment – contribuèrent à mieux éclairer la vie affective d’autrefois. Reste qu’il fallut attendre les années 1980 pour assister à la refondation d’un projet ambitieux et original d’histoire des sensibilités par Alain Corbin, lequel s’en fit depuis l’incessant explorateur.

D’autres y contribuèrent eux aussi fortement, chacun à sa façon : Arlette Farge, Michelle Perrot, Michel Pastoureau, Georges Vigarello, Jean-Jacques Courtine notamment. Et, pour la génération suivante, on pense à Dominique Kalifa, Stéphane Audoin-Rouzeau, Anne-Emmanuelle Demartini, Philippe Artières, Anne Carol et d’autres encore. Aujourd’hui, ce courant a même sa revue : Sensibilités. Histoire, critiques et sciences sociales, éditée par Anamosa. Nous l’avons fondée en 2015 avec Clémentine Vidal-Naquet, Quentin Deluermoz et Christophe Granger ; Anouche Kunth et Thomas Dodman nous ont rejoints au comité de rédaction. Le 11e numéro est récemment paru : « Insensibilités » – un thème des plus difficiles à traiter…

Ce qui est frappant, c’est la synchronicité entre la proposition de Lucien Febvre et celle du sociologue allemand Norbert Elias vers 1940. C’est en effet en 1939 qu’il publie son œuvre majeure Le Processus de civilisation qui déploie une vaste sociologie historique des affects. Quand on y regarde de près, ce projet d’une historicisation de la vie affective a été largement nourri par les sciences sociales du temps. Le sociologue Maurice Halbwachs et, avant lui, l’anthropologue Marcel Mauss s’étaient intéressés à la marque de la société sur la vie émotionnelle.

Dès 1912, Georg Simmel – qui avait enseigné à Strasbourg avant que Bloch, Febvre, Halbwachs et le psychologue Charles Blondel s’y rencontrent – avait lancé un programme de sociologie des sens. Je pense également à l’école de Francfort qui s’intéressait à ces questions en tentant de lier sociologie, histoire et psychanalyse, ou encore à ceux qui gravitaient autour d’elle comme Walter Benjamin et Siegfried Kracauer. En bref, toute une constellation de penseurs s’intéressaient déjà à ces questions dans l’entre-deux-guerres.

Et surtout, je crois que tout cela n’eut pas été possible sans ce grand retournement philosophique incarné par la triade NietzscheMarxFreud, ces « maîtres du soupçon » qui apprirent à mieux déceler sous la conscience, sous la raison, sous les « idées claires et distinctes », le rôle des pulsions, des désirs, des appétits, des émotions et autres fantasmes dans la détermination des conduites individuelles et collectives. Il est d’ailleurs frappant de remarquer combien la phrase célèbre de Febvre nous invitant à une histoire de l’amour, de la haine, de la joie, de la pitié ou encore de la cruauté, fait écho au Gai savoir de Nietzsche paru en 1886 :

« Jusqu’à présent tout ce qui a donné de la couleur aux choses n’a pas d’histoire : où trouverait-on par exemple une histoire de l’amour, de l’avidité, de l’envie, de la conscience, de la piété ou de la cruauté ? »

À partir de quelles sources faire cette histoire des sensibilités ?

À dire vrai, tout document peut faire source, ne serait-ce que par l’un de ses aspects. Ce style d’histoire a un rapport privilégié avec les égo-documents, les sources dites de l’écriture de soi : journal intime, correspondance, mémoires, carnets de guerre, récits de voyage, etc. La littérature elle-même peut être sollicitée à la condition toutefois de toujours se souvenir qu’elle n’est pas preuve de pratiques. Mais la littérature reflète bel et bien les sensibilités de son époque, en même temps qu’elle les façonne en retour.

Toutefois, à s’en tenir à ces seules sources, le risque est grand de ne pouvoir écrire qu’une histoire des élites sociales, du moins jusqu’au XXe siècle et l’alphabétisation massive des populations. C’est la raison pour laquelle il faut aussi chercher d’autres voies d’accès. Arlette Farge, par exemple, parvient à nous faire accéder aux mentalités et sensibilités des mondes populaires parisiens du XVIIIe siècle via les archives de police ou les archives judiciaires, en tentant d’y retrouver leurs émois, leurs tourments, leurs effusions. Le travail de Quentin Deluermoz portant sur les liesses collectives et les paroxysmes de violence du temps de la Commune s’inscrit aussi dans cette veine. Les sources notariales, trop oubliées, peuvent aussi être mobilisées, comme l’a fait avec brio Jérémie Foa dans Tous ceux qui tombent, ce livre sur les massacreurs de la Saint-Barthélemy.

J’ajouterai bien sûr, à ces sources déjà innombrables, la nécessité de s’appuyer sur la culture matérielle. Dans la continuité des livres pionniers de Daniel Roche sur la « culture des apparences » et « l’histoire des choses banales », je pense aux enquêtes de Manuel Charpy sur le « théâtre des objets » du quotidien. Pour résumer – et ce n’est pas uniquement valable pour les sensibilités, loin s’en faut –, toutes les sources peuvent être utilisées, il faut « faire feu de tout bois », mais toutes sont biaisées et doivent à ce titre être critiquées. Comme le dit bien Carlo Ginzburg :

« Les sources ne sont ni les fenêtres ouvertes, comme le croient les positivistes, ni des murs qui obstruent la vue, comme le soutiennent les sceptiques : en fait, c'est à des vitres déformantes qu'il faut les comparer. »

Que peut apporter l’histoire des sensibilités aux autres champs de recherches historiques ?

Au sein de la revue Sensibilités, nous montrons que faire l’histoire de la vie affective ce n’est pas s’enfermer dans un domaine d’enquête spécifique et séparé : travailler sur les sensibilités, c’est surtout proposer une autre traversée du culturel, du social, du politique, du religieux comme de l’économique, en rappelant tout le poids de la vie affective dans la détermination de nos conduites individuelles comme dans la marche des sociétés.

Nul besoin, je crois, d’insister sur les dimensions sensibles et émotionnelles du religieux ou du politique. Mais prenons l’histoire économique, par exemple. Non seulement l’histoire des sensibilités peut décrire les variations historiques et culturelles du goût pour l’argent, mais aussi déployer une histoire de l’envie et de l’ambition, au temps de l’épanouissement du capitalisme industriel notamment, ou simplement à l’échelle des familles, si souvent déchirées par les affaires de dot et d’héritage. Et puis l’économie repose sur un sentiment : la confiance. Francesca Trivellato a bien montré combien l’usage de la lettre de change, qui commence à s’épanouir à l’automne du Moyen Âge, eut été impensable sans la constitution lente et toujours fragile de la confiance au sein de réseaux économiques aux horizons élargis. De plus, à qui veut étudier la contagiosité des émotions, il n’est pas d’objet d’histoire plus significatif que les krachs boursiers et les paniques financières.

Autre exemple de croisement historiographique inattendu : la façon dont l’histoire des techniques peut nourrir et être nourrie par l’histoire des sensibilités. Car les révolutions techniques, induites par l'évolution des convictions scientifiques, sont l’un des grands agents de transformation des cultures sensibles. Elles ouvrent sur des perceptions sensorielles inédites, longtemps restées à l’état de fantasmes. Qu’on songe, pour le long XIXe siècle, au développement de la cinétique qui a permis la décomposition des mouvements, à l’émergence de la photographie et aux nouvelles manières de regarder ainsi rendues possibles, aux premiers enregistrements sonores qui ont permis l’émouvante conservation des voix, sans oublier le développement de la TSF et l’invention de l’image-mouvement à travers le cinéma.

Et aux champs de recherches biologiques ? Comment d’ailleurs articuler le biologique et le social-historique ?

L’histoire des affects n’échappe pas aux questionnements actuels des sciences sociales sur la nécessité de dépasser les grands partages en vigueur entre nature et culture, individu et société, raison et émotion, corps et psyché. Ce sont là, comme on sait, des sources d’aveuglement récurrentes. Dans L’Inconscient ou l’oubli de l’histoire, je me suis efforcé non seulement de penser la triade corps-affect-psyché comme un continuum en transformation pour échapper au dualisme corps/esprit, mais aussi, en m’appuyant sur Cornelius Castoriadis, de mieux relier la psyché au social-historique, en montrant notamment que nos économies affectives et psychiques se modifient en corrélation étroite avec les transformations de nos conditions d’existence et des structures sociales et politiques.

Toutefois, c’est peut-être dans Kaspar l’obscur ou l’enfant de la nuit que je me suis davantage confronté à la question des rapports entre biologique et social-historique. Grâce aux travaux de Norbert Elias, Kaspar Hauser m’a permis de souligner combien, chez l’enfant, les processus de maturation biologique s’entrelacent constamment avec les processus socio-culturels de civilisation – ou de régulation des émotions, si l’on préfère. C’est là une frontière de recherche décisive aujourd’hui.

Avec Thomas Dodman et Quentin Deluermoz, dans Controverses sur l’émotion (n° 5 de Sensibilités), nous montrons que nous ne pouvons continuer de nous heurter à ce mur d’apparence infranchissable qui sépare les recherches des neurosciences affectives de celles des sciences sociales de l’émotion. Si les neurosciences mutilent la complexité de cet objet en excluant l’historicité des émotions comme du langage qui les exprime, il y a en revanche un risque évident pour les sciences sociales à évacuer définitivement de l’analyse le substrat biologique et neuronal de l’émotion. D’autant qu’un espace de convergences s’esquisse aujourd’hui : de plus en plus de neuroscientifiques, dits constructivistes, s’accordent à voir dans le cerveau un organe social et émotionnel, façonné par les expériences que nous vivons. Notre vécu sculpte notre cerveau, lequel est donc à l’image de notre vie et de son environnement.

Parler d’ « habitus émotionnel » comme nous le faisons, c’est s’efforcer de relier le biologique, le social et le psychique, et c’est rappeler que, au cours de notre socialisation enfantine, l’incorporation du monde social – ses règles, normes et interdits – se fait sous forme d’affects via des injonctions, des prescriptions, des condamnations, qui forgent en chacun de nous des désirs et des répulsions, des goûts et des dégoûts, mais aussi des sympathies ou des antipathies, qui restent très ancrés et agissants au cours notre vie.

Enfin, quelles sont les limites de l’histoire des sensibilités ?

Il faut toujours rester prudent ici. D’abord, parce les mutations de la vie sensible et affective ne sont pas toujours faciles à déceler. C’est souvent affaire de transformations silencieuses et de révolutions « à pas de colombe » comme disait Nietzsche. Cela suppose de savoir travailler sur de larges échelles de temps, pluriséculaires bien souvent. Sans quoi, à n’écrire qu’une histoire à courte vue, à la mesure d’une seule vie humaine ou d’une génération, il est impossible de repérer ces processus sociohistoriques au long cours tels ceux de civilisation, de privatisation ou d’individualisation, décisifs dans le façonnement historique de nos mœurs comme de notre vie affective.

Et, de fait, suivre l’évolution des attitudes et des sensibilités à l’égard de la mort comme le faisait Philippe Ariès par exemple, ce n’est évidemment pas le même travail, du point de vue scientifique, que repérer l’évolution du cours des céréales au fil des décennies et des siècles comme on le faisait dans les années 1950-1960 sur le modèle d’Ernest Labrousse. Car tout ne se compte pas en histoire, et là où il y a de l’historicité il est de notre devoir d’y aller voir de plus près. Rien ne me plaît d’ailleurs davantage que de chercher l’histoire là où elle se cache le mieux. Si les émotions ont une histoire, par exemple, c’est parce qu’elles sont contagieuses et donc sociales par nature.

Il n’en reste pas moins certaines difficultés méthodologiques évidentes : il faut mobiliser un éventail de sources aux statuts très divers et mesurer chaque fois le poids des codes narratifs, des moyens rhétoriques en usage et des silences imposés. Puisque non-dit ne signifie pas « non-éprouvé », le repérage des émergences est parfois délicat.

Gardons en tête, par conséquent, que l’histoire du sensible demeure un savoir conjectural, une connaissance indiciaire, une sorte de front pionnier aux limites extrêmes du territoire de l’historien.ne. S’il y a là un travail d’exploration plus que légitime, on ne peut, lorsqu’on travaille sur la « vie d’affect » comme disait Freud, évoluer dans le royaume rassurant des certitudes.

Hervé Mazurel est maître de conférences, habilité à diriger des recherches, à l’université de Bourgogne. Histoire des sensibilités est paru aux Presses universitaires de France en septembre dernier.

Pour en savoir plus :

Corbin Alain, Courtine Jean-Jacques, Vigarello Georges (dir.), Histoire des émotions, Paris, Seuil, 2016-2017, 3 vol.

Deluermoz Quentin, Dodman Thomas, Mazurel Hervé (dir.), Controverses sur l’émotion. Neurosciences et sciences humaines, revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales, Anamosa, 2018, no 5.

Didi-Huberman Georges, Brouillards de peines et de désirs. Faits d’affects, 1, Paris, Les Éditions de Minuit, 2023.

Dodman Thomas, Nostalgie. Histoire d'une émotion mortelle, Paris, Seuil, 2022.

Farge Arlette, Vidal-Naquet Clémentine (dir.), Les Paradoxes de l’intime, revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales, Anamosa, 2019, no 6.

Granger Christophe, « Le monde comme perception », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, vol. 123, no 3, 2014, pp. 3-20.

Laplantine François, Le Social et le Sensible, Paris, Téraèdre, 2005.

Le Breton David, Les Passions ordinaires. Anthropologie des émotions, Paris, Armand Colin, 1998. 

Le Breton David, La Saveur du monde. Une anthropologie des sens, Paris, Métailié, 2006.