PRÉCÉDENT

Je suis partout, 30 décembre 1933

SUIVANT

URL invalide

Je suis partout
30 décembre 1933


Extrait du journal

Le Sénat joué Il faut saluer la chance ou l’habileté de M. Camille Chautemps. Qu’il l’ait suscité ou non, il a en tout cas bénéficié jusqu’au bout de la session extraordinaire — c’est bien le mot — d’un concours singulier de circonstan ces. Nous avons expliqué précédemment pour quoi le chef du gouvernement actuel avait vu successivement entrer dans son jeu M. Léon Blum, M. Albert Lebrun, la franc-maçonnerie, M. Renaudcl, la Nonciature, le Sénat et même sainte Bernadette. Rappelons pour expliquer cette dernière intervention que certains députés catholiques ont cru devoir se servir des « boi tes » de leurs collègues partis à Rome assister aux fêtes de la canonisation de la pastourelle de Lourdes. Pendant qu’ils étaient aux pieds des autels romains et qu’ils y réclamaient l’in tercession de la nouvelle sainte, les bulletins de vote des absents ont servi dans certains scrutins du Palais-Bourbon à consolider la si tuation d’un des ministères les plus < ma çons > que nous ayons eus. Mais en dehors du Parlement, nous avons observé d'autres complicités ou complaisances bien curieuses. Que signifie, par exemple, la manifestation des fonctionnaires contre le Sé nat ? Cette manifestation aurait été machinée par le ministère de l’Intérieur qu’elle n’aurait pas eu de portée plus précise ni de solution plus utile. Par lettres personnelles adressées aux séna teurs, par des cris poussés aux abords du Lu xembourg, par des campagnes de presse par faitement orchestrées, la Fédération a-t-elle intimidé quelques hésitants ? Nous pensons que ce n’est pas du tout cette intimidation grossière qui a déterminé le ralliement de nos pères conscrits aux thèses et aux chiffres sur lesquels huit jours auparavant ils avaient juré de vaincre ou de mourir. Nous croyons que ces conservateurs radicaux n'ont eu en vue que l’intérêt du régime. Mais c’est un fait : si M. Camille Chautemps a donné aux dirigeants de la Fédération le bénéfice d’arrestations de fantaisie destinées à consolider leur prestige aux yeux des cama rades de province, il a en même temps laissé injurier dans la presse officieuse et dans le quartier de l’Odéon cette institution qu’il est convenu d’appeler < la Haute Assemblée ». « A bas Caillaux I *...

À propos

Anticommuniste, profasciste, antisémite et positivement favorable à Hitler, Je suis partout est le journal d’extrême-droite le plus violent jamais publié en France. Si violent que son directeur Arthème Fayard, fondateur des éditions Fayard, décide dès mai 1936 de cesser sa parution. À sa mort en novembre 1936, le journal est toutefois relancé par son fils et Pierre Gaxotte, futur membre de l’Académie Française.

En savoir plus
Données de classification
  • joseph caillaux
  • andré tardieu
  • herriot
  • jean montigny
  • albert lebrun
  • caillaux
  • a. fayard
  • franklin-bouillon
  • renaudel
  • marquet
  • france
  • montigny
  • alle
  • europe
  • roy
  • sarthe
  • ukraine
  • lagny
  • paris
  • rome
  • sénat
  • ligue des contribuables
  • la république
  • parlement
  • banque de france
  • les soviets
  • parti radical-socialiste