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La France, 21 décembre 1911

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La France
21 décembre 1911


Extrait du journal

juge de paix de Brzasloi était accusé de dé dain de la loi. Il avait, à ce qu’iü fut établi au cours de l’instruction, une étrange façon de mener les débats des affaires qui lui étaient soumises. Ce n’était pas le juge luimême qui siégeait d’ordinaire dans le fauteuil du juge de paix, mais son barbet noir, au quel il avait transmis ses fonctions. Afin qu’on put reconnaître que le barbet était char gé des fonctions de juge, on lui avait unis au tour du cou le symbole du pouvoir judiciaire qui est une chaîne d’or. Le barbet était très bien dressé et il restait immobile et digne pendant toute la durée des débats. Son maî tre, le juge de paix, était assis sur une chaise derrière lui. Ce juge d’un nouveau genre avait des prin cipes originaux pour rendre les jugements. Les parties devaient exposer leur cause. Après l’audition des témoins, le juge deman dait son avis au barbet. Le chien émettait alors un son quelconque que son maître était seul à bien comprendre, et le verdict était rendu en conséquence. Le chien remplissait ainsi d’un bout à l’autre le rôle d’un juge de paix. Mais ces hautes fonctions ne durèrent pas longtemps. Un jour, un paysan intelligent comparut devant le juge de paix pour exposer sa plainte. Le barbet occupait comme à l’ordi naire le fauteuil du juge, et il avait en ou tre des lunettes sur le nez. Le paysan ne voulut rien entendre de cette plaisanterie dans une affaire qui était pour lui d'une très grosse importance, mais il fut simplement, comme cela arrive en Russie, mis à la porte de la salle d’audience. Il voulut néanmoins obtenir justice et déposa une plainte contre le juge de paix devant le tribunal compétent. Le jugement donna raison au paysan et le juge de paix fut destitué de ses fonctions pour le reste de ses jours, avec interdiction d’occuper jamais une fonction publique....

À propos

Lancée en 1862, La France était un quotidien suivant une ligne éditoriale à la fois libérale et favorable au Second Empire. Durant la Commune de Paris, le quotidien publia également une édition départementale imprimée à Tours. En 1874, Émile de Girardin, fondateur de La Presse et grand entrepreneur médiatique également proche d’Adolphe Thiers et de Gambetta, rachète le journal. Sur quatre pages, on y écrit de longs articles, en plusieurs parties, qui s’étendent parfois même sur plusieurs jours.

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