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L’Avenir des Hautes-Pyrénées, 21 juillet 1935

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L’Avenir des Hautes-Pyrénées
21 juillet 1935


Extrait du journal

Les imbéciles, c’est bien moins que l’on puis se dire de ceux qui ont si mal tenu le plateau de i hémis. M. Dorgères eut jadis l’honneur d’être con damné à la réclusion de forteresse par le tribunal allemand de Marine-Korps de Bruges ; il avait défendu sa patrie et la peine était méritée, recon naît-il lui-même. La Paysannerie avait besoin de quelqu’un qui le défendit en face des pouvoirs publics qui l’abandonnaient et la sacrifiaient. M. Dorgères se présenta. La justice républicaine va lui faire savoir qu’il s’engageait sur un terrain glissant. Le Tribunal de Péronne le condamne à 3 mois de prison sans sursis, en 1933 ; son crime était grand; il avait protesté contre la vente par saisie d’un cultivateur avec neuf combattants, avec neuf citations et père de six enfants. L’avertissement était bien insuffisant pour la générosité de ce cœur. Huit mois maintenant ! Gare l’exaspération des Paysans ! Mais il faut des martyrs pour faire triompher les meilleures causes. Mercredi. — On attend les fameux décretslois ; une partie de la population est dans l’anxié té ; celle qui redoute surtout une diminution de traitements, revenus, etc. C’est humain. La Ré publique avait choisi, pour se faire des amis un moyen sûr, mais dangereux; son geste large et puisant dans les caisses du Trésor a fini par les vider. Ce n’est point d’aujourd’hui que la suc cession inévitable des années maigres aux années grasses. Les mauvaises habitudes, prises agréa blement vont créer des regrets, allumer peut-être des rancunes, attiser des haines. Mais le moment est venu où il fallait choisir entre la faillite ou une réforme. Il serait magnifique que le premier décret fut le sacrifice par nos parlementaires sur l’autel de la Patrie ou tout au moins de la République, de leurs traitements qui ont, comme tous autres d’ailleurs, suivi un gonflement exces sif. Pas plus cela que la vente des monopoles. Il ne faut espérer ni une inspiration de génie, ni un renoncement aux idées fondamentales, ni surtout un remède suffisant pour conjurer la crise. Une tentative, tout au plus, des mesures insuffisantes, peut-être de la poudre aux yeux! Mais si con trairement à ces prévisions pessimistes, les décrets nous sauvaient, on crierait joyeusement au mira...
L'Avenir des Hautes-Pyrénées (1883-1944)

À propos

Fondé en 1836, L’Écho des vallées est un journal régional publié à Bagnères-de-Bigorre. Il devient La Sentinelle du peuple pour quelques mois en 1848, avant de retrouver son nom initial. Rebaptisé L’Avenir des Hautes-Pyrénées en 1883, le journal traverse la première moitié du XXe siècle avant d’être interdit à la Libération en 1944.

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