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Les Tablettes des Deux-Charentes, 6 mars 1880

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Les Tablettes des Deux-Charentes
6 mars 1880


Extrait du journal

(Suite). Il habitait rue Montaigne, et il n’était vrai ment pas fâché de faire un peu d’exercice avant de se mettre au lit. Le temps était sec et pas trop froid, le trajet n’était pas trop lemg, juste ce qu’il fallait pour dissiper un léger mat de tête produit par les émotions de la soirée. Quoiqu’il fût très tard, il y avait encore des passants dans les parages du .nouvel Opéra, mais plus loin le boulevard était désert. Gaston marchait, sa canne sous son bras, ses deux mains dans les poches de son pardessus, et pensait à toute autre chose qu’aux assommeurs dont les exploits remplissaient les jour naux. Il arriva à la Madeleine sans avoir rencontré âme qui vive, mais, en traversant la rue Royale, il aperçut un homme et une femme cheminant côte-*-côte à l’entrée du boulevard Malesherbes. La rencontre n’avait rien d’extraordinaire, mais l’hôtel de Mm* d’Orcival était au bout de ce boulevard, et un rapprochement bizarre vint à l’esprit de Darcy. L’homme était grand et mince comme Colymirie, la femme était à peu près de la même taille que Julia et elle avait quelque chose de sa tournure. Gaston savait bien que ce n’élait qu’une ap parence, que Golymine était mort et que Julia ne courait pas les rues à pareille heure. Mais l’idée qui venait de lui passer par la tête lit qu’il accorda une seconde d’attention à ce cou ple. Il vit alors que la femme cherchait à éviter l’homme qui marchait à côté d’elle, et il com prit qu’il assistait à une de ces petites scènes qui se jouent si souvent dans les vues de Paris : un chercheur de bonnes fortunes abordant une passante qui refuse de l’écouler. Il savait que ces sortes d’aventures ne tirent pas à consé quence et que, neuf fois sur dix, la persécutée finit par s’entendre avec le persécuteur. Il ne se souciait donc pas de venir au secours d’une personne qui ne tenait peut-être pas à être secourue. Cependant, la femme faisait, tantôt à droite, tantôt à gauche, de» pointes si brusque» et si...

À propos

Fondées en 1843, Les Tablettes des Deux-Charentes furent une parution bihebdomadaire (puis trihebdomadaire) vendue dans les départements de la Charente et de la Charente-Maritime. Le journal disparaîtra un siècle plus tard, en 1944.

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