13 juillet 1793 : la mort de Marat vue par la presse - Presse RetroNews-BnF

13 juillet 1793 : la mort de Marat vue par la presse

Publié le 13/07/2017
Illustration : Exemplaires de l'Ami du Peuple tachés du sang de Marat - L'Ami du Peuple du 13 Août 1792 - Source BnF


Les retranscriptions quotidiennes des séances de la Convention nationale dans la presse permettent de percevoir l'écho puissant qu'a eu l'assassinat de Marat par Charlotte Corday le 13 juillet 1793. Revue de presse.

Le Républicain français, édition du lundi 15 juillet de "l'an deux après l'abolition de la Royauté" :

"Séance du 13 juillet. Au commencement de la séance, le commandant-général annonce au conseil la mort de Marat. Défiez-vous des chapeaux verts, ajoute-t-il ; la femme qui a assassiné Marat avoit un chapeau vert."

Hébert prend la parole : "Pleurons sur la tombe de Marat, Marat a démasqué tous les traîtres".

 

 

La Gazette nationale, retranscription de la séance du 14 juillet 1793 :

"Le président a annoncé la mort de Marat, assassiné la veille au soir par une femme venue le trouver chez lui, sous prétexte de lui communiquer des choses importantes à la sûreté publique, au moment où il était dans le bain.

Chabot a fait, au nom du Comité de sûreté générale, le rapport des renseignements recueillis sur cet attentat. L'assassin a déclaré, dans son interrogatoire, se nommer Marie-Charlotte Cordé [sic], née de parents ci-devant nobles, et domiciliée à Caen. [...] Elle dit qu'elle avait voulu sauver le France ; que tous les principaux députés du parti de la montagne devaient être poignardés".

 

 

Le 19 juillet, Le Républicain françois retranscrit la réunion de la Société des Jacobins de Paris, relayant les interventions dans un quasi dialogue :

"Robespierre jeune. Je demande aussi que la société fasse enfin connoître à la France Marat, cet homme qu'on avoit peint comme un cannibale, un buveur de sang, un monstre qui n'auroit pas pu soutenir les regards de l'humanité.

Lepelletier, frère de celui qui a été assassiné. Marat fut d'autant plus grand, qu'il renversa le préjugé le plus enraciné qui ait jamais existé, celui qui couvroit de honte et d'infamie le dénonciateur d'un traître, quel qu'il fût.

[...] Il se présente maintenant deux questions également intéressantes. Continuera-t-on la feuille de Marat ? Quels honneurs seront rendus à sa mémoire ?"

 

Dans Le Républicain françois du 23 juillet, on peut lire la transcription de la séance du Tribunal révolutionnaire sur "L'Affaire Marie-Anne-Charlotte Corday"

"La citoyenne Evrard dépose que l’accusée s’est présentée le matin du 13 juillet chez le citoyen Marat, où elle déposante demeuroit [...] qu'un cri parti du cabinet, où se trouvoit le bain de Marat, l'a fait accourir.

L'accusée interrompant la déposition. Oui, c'est moi qui l'ai tué.

Le président. Qui vous a engagé à commettre cet assassinat ?

L'accusée. Ses Crimes."

 

Dès le 24 juillet, comme un point d'orgue narratif, le Mercure de Universel donne à lire la "Lettre de Charlotte Corday à son père" :

"Pardonnez-moi, mon cher papa, d'avoir disposé de mon existence sans votre permission..."

 

 

 


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